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Casanova

C’est encore toute émerveillé par l’excellente prestation du Divine Comedy version 1996 que j’aborde la chronique de ce troisième album. Comment peut-on dire que Neil Hannon est prétentieux alors qu’il se révèle, encore plus clairement avec ce nouvel album, un compositeur imaginatif, esthète, méticuleux, voire génial. En plus il possède une voix aux possibilités tout à fait étonnantes dont il n’hésite pas à user avec audace et humour: chanteur de charme, chanteur de soul, chanteur de pop ou tout simplement acteur. Il se permet toutes les fantaisies avec une pléiade d’instruments acoustiques et électriques qui créent autant d’ambiances que de chansons scellées dans un même écrin par un générique de fin à la Orson Welles. De la pop song accrocheuse d’ouverture à la ballade triste qui clôt l’album, note hôte nous promène dans une dizaine de lieux musicaux qui n’ont de commun que la richesse de leur instrumentation et l’enthousiasme que leur écoute suscite: conte de fée à l’humour corrosif, suspense et classe pour un thriller américain à la Scorcese, dérive d’un couple infernal sur fond de James Bonderie de luxe, romantisme, trahison, érotisme, cynisme, déception… Tous ces qualificatifs semble d’avantage relever dans la bande annonce aguicheuse que de la chronique objective d’un œuvre musicale inspirée par le personnage de Casanova. Mais cet album est construit comme un véritable film à sketches dont la qualité rappelle un ‘Bocacce 70’ et chaque chanson fait oublier un peu plus le manque d’éclat de la vie réelle et la rudesse des musiques actuelles. Cher Neil, n’oubliez jamais ce talent qui est le vôtre et faites-nous en profiter encore longtemps.


Cathimini
Abus Dangereux 05-06/1996