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Casanova

Certaines entités musicales ont bien du mal à dissocier raffinement et discours ampoulé. La profondeur d’esprit ne s’acquiert pas d’un claquement de doigt et ce qui frappe d’emblée dans cet album, c’est que le pas n’a heureusement pas été franchi entre l’amour-propre et la facétie prétentieuse. Les références littéraires sont légions, les métaphores ont-elles aussi élu domicile dans chaque trous de souris, mais rien ne trouble la sensation d’ingurgiter quelque chose en devenir, capable de gravir les obstacles les plus élevés sans ailes, l’Irlandais à tout faire de Divine Comedy, mène sa barque avec rigueur et discipline, sans se soucier des goûts et des modes en vigueur hier, aujourd’hui au demain, son seul désir étant de nous convier à une nouvelle promenade intimiste sur les contrées isolées de son inspiration lyrique et profonde. Un univers qui rappelle vaguement celui du Colour Field de ‘Virgins And Phillistins’, avec quelque chose de théâtral en plus dans la mise en sons. Espérons, contrairement aux premiers que la chute ne sera pas aussi rapide et que Neil réussira à s’accrocher à ces nuages célestes le temps de quelques albums du même calibre que ce Casanova


Christophe Goffette
Best 05/1996