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Casanova

On avait quitté Neil Hannon grand pape d’une pop fluide et feutrée, qui s’épuisait finalement à trop vouloir en faire. La ‘Divine Comedy’ revient cette fois avec un grand orchestre (cordes, cuivres), une production conséquente et l’envie affichée d’en découdre avec ses vieux démons de la pop symphonique. Comme dans un comédie musicale, Casanova se décline sur une suite de saynettes fignolées, où voix et cordes se répondent sans cesse, le tout emballé avec un sens de l’humour certain, et une conscience aiguë de l’attrait ludique de la musique. Mais on touche là aux limites de ce disque. Ce qui est frais et drôle à la première écoute, devient lassant par la suite. Les tics de crooner, le goût douteux de certains arrangements, le parti-pris affiché de faire un disque qui cherche le film qu’il illustre, endorment l’auditeur. Et ce sont finalement les morceaux les plus épurés (‘Becoming More Like Alfie’, qui fait penser à un High Cornwell en vacances au soleil) ou les plus caricaturaux (‘In And Out In Paris And London’, digne d’un Bowie travaillant sur le dernier James Bond) qui emportent l’adhésion. Un disque courageux qui s’englue pourtant dans ses propres excès, débordant de ses bonnes intentions, comme on dit d’une cuisine trop grasse.


Goulven Hamel
La Griffe 15, 15/05/1996