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Interview: The Divine Comedy

Rencontre avec Divine Comedy à l’occasion de son concert à Nantes le 28 mai.

Absolutely fabulous ! Bouleversant, inoubliable, excellent ! C’est sûrement l’un des meilleurs concerts que j’ai jamais vu ! Il faut dire que le public était autant en feu que le groupe qui nous a offert un show rassemblant les trois albums, Mister Neil Hannon, merci !!!

Il y a une grande différence entre tes 2 premières tournées et celle-ci. Tu as changé complètement de formation. Pourquoi ?
Oui, en effet ! On peut faire beaucoup plus de bruit ! Si on écoute Casanova, il y a beaucoup plus de morceaux bruyants et on n’aurait pas pu les faire avec une guitare acoustique. Les chansons sont les mêmes et on peut jouer plein de chansons de Liberation qu’on ne pouvait jouer avant.

En concert, cherches-tu toujours a être au contact du public ?
J’essaie ! Mais c’est difficile à cause de la barrière linguistique. Je ne dis que quelques mots en français car c’est très embarrassant. Mais je ne sais pas si c’est vraiment un contact au sens propre, je ne peux pas dire ce que c’est mais juste quand ça arrive ! Parfois, ça le fait, parfois non, ça dépend de tellement de choses.

A propos du nouvel album Casanova, il y a une certaine évolution avec les deux précédents.
Je ne sais pas… Au début, Divine Comedy c’était un groupe très guitare, ça a été un tel désastre que j’ai voulu tout oublier, c’est pourquoi j’ai des morceaux beaucoup plus acoustiques, d’une certaine façon classique.
Progressivement, j’ai oublié mon traumatisme, et puis il y a de plus en plus de personnes à nous aider maintenant, comme jamais auparavant. S’il n’y a personne pour aider un groupe, c’est l’enfer ! Mais maintenant je n’ai plus rien à faire, c’est cool ! A part monter sur scène et jouer !

Les Inrocks ont dit de toi que tu étais le pape de la pop. Qu’en penses-tu ?
Sur eux ou sur le titre ?

Les deux si tu veux…
Je ne sais pas ce que c’est ! Enfin je sais ce que ça veut dire mais je ne sais pas ce qu’ils veulent dire ! En plus je suis protestant ! Je ne peux pas être pape ! C’est marrant et je m’en fiche. Je fais de la musique, si les gens aiment ça et achètent mes albums, cool ! Je reste le même ; mon but est de faire de la bonne musique.

Un opéra peut-être ? Comme tu disais le désirer au début.
Je ne sais pas. Peut-être… J’ai pas mal changé d’avis, j’ai réalisé un album, je ne sais pas si je ferai un opéra. C’est très dur surtout si on est pas luné pour ! Je ne sais pas si je le ferai moi-même.

Quand tu écris, on sent pourtant que tu nous raconte une petit histoire.
Un disque pour moi c’est un tout et pas seulement une collection de petites chansons indépendantes ! Ça doit dire quelque chose. Sur Promenade c’était évident. Pour le dernier, c’est plus une méditation sur ce que savez (l’amour, pour ceux qui ne voient pas au fond !).

Que penses-tu de ton public français, un des premiers à tes supporter ?
Complètement différent des anglais ! En France ça peut être calme et excité car les gens écoutent et à la fin de la chanson ils deviennent fous ! Une écoute et un regard intelligent. En Angleterre, ils font du bruit tout le temps, on a parfois envie de leur dire “Écoutez !”, mais c’est stimulant. En fait il faudrait un public français pour certaines chansons et anglais pour d’autres.

Sur scène il y a des immenses roses.
Tu vois, Casanova, l’amour, la romance, le rouge, si j’avais une rose je te la donnerais ! Mais c’est cher !

Comment tu viens à l’écriture ?
Toujours seul avec mon piano, la musique vient vite mais les mots… ! J’exprime mieux ce que je ressens avec une mélodie. Pour les mots c’est comme des pièces qu’il faut assembler pour que ça se complète et que ça soit homogène, pour que ça marche. C’est dur de trouver des sujets sur lesquels écrire. Je suis quelqu’un d’assez ‘easy-going’, je n’ai pas de sentiments particulièrement passionnés. J’essaye de dire ce que je sens mais c’est une bataille perdue, c’est jamais parfait et ça parait évident aux autres !


Glaire
Le Hasard Des Oiseaux 10, Été 1996