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La comédie divine

Lui, c’est Neil Hannon, un drôle d’irlandais qui parle avec un accent très ‘comme-il-faut’. Ou londonnien si vous préférez. Il y a quelques mois de cela, il a décidé qu’il ne ferait plus du rock pour du rock. Il s’est mis à écrire des chansons, s’est entouré de musiciens à mille lieux de l’univers rock, a mis le tout dans un shaker, bien secoué l’ensemble et l’a baptisé The Divine Comedy.

En moins d’un an, ce gentleman aux allures très british, a écrit deux albums - Liberation et Promenade publiés tous deux chez Labels/Virgin - et sa notoriété n’est plus à faire. Posez-les sur votre platine et écoutez… Tout commence par le bruit de vagues qui viennent doucement s’échouer sur une plage des côtes anglaises. Je dis ça à cause des galets. Ensuite, prenez votre envol avec ‘We fly…’, pour voler ou survoler, au-dessus de ce bas monde. Violon, violoncelle, guitare et clavier, tel est le quatuor majestueux formé par The Divine Comedy qui vous entraîne dans un univers musical magique et poétique.

Lors de leur dernier passage à Paris, au Passage du Nord-Ouest, en juin dernier, trois soirs de suite, Neil et sa tribu ont enflammé le public parisien. Sur scène, l’homme a un talent fou, de l’humour, et des chansons si belles qu’on en est, bien des mois après, encore sous le charme. De toute façon, un gars qui consacre une de ses chansons uniquement à murmurer des noms d’écrivain, et quels écrivains! Victor Hugo, Charlotte et Emily Brontë, Scott Fitzgerald, Gabriel Garcia Maquez… Ne peut avoir que de la classe. Et lorsque, quelques chansons plus loin, on entend du Godart, et plus précisément un extrait de Pierrot le Fou, on est subjugué.

Il sera lundi soir au Théâtre de la Ville, pour une unique représentation. On murmure que d’ici quelques mois il refera une escapade de l’autre côté du Chanel pour combler tous ceux qui n’auraient pas eu le plaisir, la chance ou l’occasion de le voir. Ouf! Ça va mieux!


Zoé Lin
L’Humanité 22/10/1994