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Casanova

Neil Hannon peut paraître ringard comme compositeur, un peu ‘british style’ vieille garde avec ses chansons pleines de froufrous et de paillettes… Mais on peut tout de même le considérer comme un songwritter de première. Ses disques semblent désuets et pourtant, ils parviennent à vous séduire dès la première écoute. Casanova est certes moins surprenant que ses prédécesseurs, Liberation et Promenade dont nous vous parlions en d’excellent termes à leur sortie. Non seulement ce gentleman pince-sans-rire s’est fait longuement attendre, mais il s’est payé le luxe d’utiliser les même ficelles pour ce Casanova que pour ses deux premiers albums. Liberation et Promenade exploraient deux mondes différents. Le premier, celui d’une pop légère et l’autre, celui d’une pop orchestré façon musique de chambre et branchée littérature. Casanova, c’est un peu des deux à la fois, avec un fort penchant pour la pop. Neil utilise plus que jamais la profondeur de sa voix étonnamment grave pour le petit bonhomme qu’il est, et la plaque sur trois notes de piano qu’il ne lui reste plus qu’à enrober d’un habillage plus ou moins fouillé d’instruments hétéroclites: guitares, batteries, cuivres, cordes, etc… Le principe est simple et efficace. Tout cela donne à Casanova un petit air de fête triste, de fin de bal pour intellos branchés. Cette Divine Comedy est toujours aussi attachante, même si ce troisième acte n’apporte pas grand chose de neuf.


D. Peters
L’indic 24, 03-04/1996