a short site about The Divine Comedy

Fanfare For The Comic Muse

Double chronique d'un tout jeune groupe et d'un moins jeune, aux destins sans doute similaires. D'un côté, The Dentists, charmant groupe pop du Kent, qui est allé aussi loin qu'il pouvait aller. C'est-à-dire pas très loin : une poignée d'albums, quelques belles tournées et un succès d'estime ici et là. De l'autre, The Divine Comedy, qui fera tout son possible pour aller aussi loin que les Dentists et y arrivera certainement mais s'arrêtera là, faute d'utiliser la dernière pédale à la mode. L'album des premiers est un bonheur tranquille et sans surprise, ballade champêtre au pays des cardigans en velours brun et Chelsea boots. L'album des seconds est une bonne surprise - normal, c'est leur premier -, ballade champêtre au pays des Chelsea boots et cardigans en velours brun. Les esprits tristes s'interrogeront dès lors quant au bien-fondé de l'aventure Divine Comedy, sachant, preuve à l'appui, que la carrière des Dentists ressembla davantage au parcours du Sporting Club de Melun en Coupe de Seine-et-Marne qu'à celui du Milan ac en Coupe d'Europe des clubs champions. Mais les esprits gais, pas calculateurs pour deux sous, se délecteront du moment présent et savoureront Beautiful Day (Dentists) et The Rise And Fall (Divine Comedy), petites merveilles respectives de deux groupes attachants et sans fausses prétentions.


Emmanuel Tellier
Les Inrocukptibles 01/1991