a short site about The Divine Comedy

Liberation

Qui aurait cru que le Divine Comedy de Fanfare For The Comic Muse (au demeurant plutôt intéressant) allait devenir celui de ce Liberation majestueux ? Excepté Neil Hannon, personne, je crois. Cet Irlandais du Nord de 23 ans, à peine débarrassé des musiciens qui l’entouraient précédemment, a commis l’un des meilleurs disques de l’année. Pourtant le bambin, malgré son sourire entendu, n’est pas sûr de lui. Ce nom, tout d’abord, plutôt intello, tout à fait a-personnel. Puis ce look, le costard de Paul Weller, les lunettes de Kurt Ralske, résolument mod. Le références ensuite. Pêle-mêle, Dante, Woodworth, Bowie, Ivory. Liberation pour finir, à l’opposé de ces considérations préliminaires, adulte et abouti, unique et personnel. Neil excelle dans tous les registres : compositions, interprétation, arrangements, production. Cela nous vaut quelques titres absolument magnifiques : Death Of A Supernaturalist et son intro au violoncelle, Bernice Bobs Her Hair et ses chœurs entraînants, Queen Of South, Time Watching pour son dépouillement, Victoria Falls et son rythme, Europe By Train, merveilleux instrumental et surtout Lucy, point d’orgue majestueux, parfait mariage de la poésie et de la musique, du cor et de la guitare. Oui, assurément, Liberation fait montre d’une grande maîtrise de la pop symphonique.


Philippe Jugé
Magic Mushroom 8, 10/1993