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Sur les sentiers spirituels avec The Divine Comedy

“A deux, c’est beaucoup mieux!”, annonçait un vieux spot publicitaire. A l’écoute du tamdem Duke Special, une évidence s’impose. Non seulement ces deux irlandais font bien la paire, mais la voix de Peter Wilson façonnne à merveille ce duo d’exception. Hier soir, la grande salle de la Coopérative de Mai a pris des airs de Connemara: isolé, vagabond, mais apaisant bien que sauvage. Dreadlocks au vent, ce chanteur maîtrise son registre vocal, secondé par les percussions de Chip Bailey. Et les mille spectateurs présents ont bien accueilli cette mise en condition.

Le décor planté, restait à organiser la mise scène. En la matière, Neil Hannon connaît sa partition. D’autant que, depuis une quinzaine d’années, il incarne l’âme de The Divine Comedy.

Dandy guindé surfant sur les modes et les émotions, ce jeune prodige irradie l’espace. La gestuelle d’un automate réglée avec précision lui prête des attitudes faussement empruntées. Chevelure blonde et lunettes fumées, le personnage respire les années soixante. Gueule d’ange et costard sans cravate, il rappelle David Bowie. Comme lui, à chaque chanson, les premières notes créent l’ambiance. Mieux, l’atmosphère. Car son monde, au fil d’une dizaine d’albums, s’apparente à un kaléidoscope du fantastique.

Univers de rêves ou d’anecdotes quotidiennes banales, l’armoire des souvenirs ouvre ses portes à ce compositeur phénomène. D’un tempo léger à une ballade sentimentale, l’esprit s’éparpille et rebondit, sans jamais lasser. A l’écoute d’une diva ou à travers la description d’une voiture que possédait Papa, la musique s’organise, tour à tour bouillonnante ou lénifiante. Sept musiciens entourent Neil le perfectionniste. Pas de riffs tonitruants. Seules, parfois, quelques mélopées installent la nostalgie avant de laisser jaillir une mélodie précieuse. Deux claviers et un xylophone propulsent ces élans joyeux où, fer de lance du groupe, violon et violoncelle caressent ou entraînent chacun des titres.
Felliniens ou rigoureux, les titres du dernier CD, Victory for the comic muse déroutent autant qu’ils fascinent. De la belle ouvrage.


Gui Lemaitre
La Montagne 15/10/2006