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A Short Album About Love

La critique lui avait collé – à tort – l’étiquette ‘easy listening’ lors de la sortie de Casanova. Or, Neil Hannon ne l’a jamais autant méritée que sur ce nouvel album. Sa volonté de ‘crooner’, autrefois tempérée par des vélléités tant classiques que rock’n’roll, s’affiche aujourd’hui ostensiblement avec force vocalise et orchestrations symphoniques. Si Divine Comedy déploie l’artillerie lourde du chanteur de charme, la plupart des titres sont autant de coups d’épées dans l’eau. Il ne faudrait pas que la croisière s’amuse trop longtemps dans ces eaux faciles, au risque de (se) parodier et de transformer le souffle d’antan en boursouflure pompière. La relative faiblesse des compositions apparaît d’autant plus manifeste que cette reprise de Timewatching, pourtant mâtinée elle aussi de beaucoup de symphonique, supporte beaucoup mieux le parti-pris flamboyant hérité des années 1970. Restent tout de même deux petites perles à ajouter aux trésors d’invention des créations passés : In pursuit of happiness et I’m all you need renouent avec l’équilibre savant d’une promenade libératrice, d’une production libérée des fantômes de Scott Walker et Burt Bacharach.


Philippe Fasquel
Pop Meeting 1, 02/1997