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The Divine Comedy à Lille, l'Aéronef le 26 mai 1994

Comme si la preuve ne nous avait pas été apportée mille fois, certains s’acharnent à démontrer que le ridicule ne tue pas et dansent le Mia.

D’autres par contre, et c’est heureux, se lancent dans une réhabilitation du cerveau qui se trouve encore parfois entre notre système auditif. Neil Hannon, irlandais malingre malgré lui, est de ceux-là. Mais, bien sûr, on ne va pas voir un concert pour réfléchir sur la beauté ou la futilité des choses de la vie… Alors Divine Comedy sur scène ça promettait d’être aussi beau que chiant. Entouré d’un piano (électronique), d’une violoniste et d’une violoncelliste (acoustiques et blondes), Hannon n’est pas tombé dans le piège. Pourtant, choisir de se déplacer avec ce ‘groupe’ néoclassique, n’était pas se faciliter les choses. Seulement voilà, Neil a une voix stupéfiante, qui capte instantanément l’attention, voix toute dévouée à des compos musicales d’orfèvre. Et surtout, l’irlandais à un humour ‘britannique’ renversant. Visiblement sincèrement ému de l’accueil triomphal que lui a réservé le public de l’Aéro il s’excuse “vraiment vous êtes trop gentil, je ne trouve pas les mots. Enfin, je peux dire (en français) : Banane, mais ça se colle pas tellement…”. Parfois il soliloque à mi-voix : “j’aimerai bien que Scott Walker vienne jouer sur mon prochain album… Vous pense qu’il viendrait ? Sous doute que non… le bâtard ! Bon, et bien je demanderai à Madona…”. Il lui arrive de forcer sa voix pour atteindre celle d’un castrat, il lui arrive aussi de déstabiliser Nathalie, la blonde violoniste, il lui prend également de taper un impro’ rock avec sa gratte acoustique… Ce type a passé le set à nous séduire par ses titres, et nous surprendre par sa présence scénique en jouant à la fois la sensibilité et sur un humour à la Monthy Python. Il a eu du mal à quitter la scène et nous, à quitter la salle.


Olivier Van Caemerbèke
Presto 06/1994