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A Short Album About Love

L’Irlandais Neil Hannon est un drôle de petit bonhomme à tête de têtard que l’on pourrait trouver parfaitement sympathique si, encouragé par quelques critiques français et un très récent succès britannique sur les brisées de la vaguelette easy-listening, il n’avait fini par prendre très aux sérieux son personnage parodique de dernier grand musicien romantique. Certes, sur chacun de ses albums, il y a toujours eu une ou deux compositions véritablement inspirées mais, dans l’ensemble, sa production pop grandiloquente n’a jamais tenu la route. Et voici que, quelques mois à peine après s’être fantasmé en Casanova à Venise pour son avant-dernier disque, il convoque aujourd’hui un orchestre de trente musiciens pour jouer les chansons de ce Short Album About Love. Comme toujours, pour qui peut réussir à oublier le côté insupportablement toc de ces exercices de style, il y a quelques moments plaisants sur ce disque volontairement suranné. Les mélancoliques ‘If’ et ‘Timewatching’ (un de ses vieux morceaux réarrangé pour l’occasion) notamment. Mais ce qui rend cet album très pénible c’est la façon dont Neil Hannon, qui doit bien s’apercevoir que quelque chose cloche fondamentalement avec sa musique et qu’il ne possède pas le quart du talent de Scott Walker ou Frank Sinatra, interprète ses titres avec une légère distance ironique. Des façons de clin d’œil vocal censé signaler, un peu tard, qu’il a encore du recul sur son travail alors que le reste (ses arrangements, ses textes, ses pochettes, ses interviews…) hurle le contraire.


Alexis Bernier
Rock & Folk 05/1997