a short site about The Divine Comedy

Regeneration

C’est fait: Neil Hannon a passé du décapant sur sa musique recouverte depuis deux ou trois albums d’un épais vernis. Au fil du temps, Divine Comedy était devenu synonyme de pompe et d’enflure, ce qui masquait de réelles et fines qualités de compositions. Aujourd’hui, virage à 180 degrés: Divine tente d’être un vrai groupe, la spontanéité l’emportant sur les calculs. Et l’on retrouve, huit ans après, les promesses de Liberation. Dès l’intro, tout en guitares acoustiques, l’album arbore la patte de Nigel Godrich à la production, dans un croisement Radiohead/Travis que le timbre de baryton de Hannon rend intrigant. Cette atmosphère aérienne prend toute sa dimension par la suite, avec une ‘Perfect Lovesong’ (qui tient ses promesses), ou un ‘Lost Property’, rêve agité comme Hannon en a le secret. Les arrangements se contentent de suggérer là où, sur les précédents albums, ils surchargaient. Une flûte, une courte nappe de synthé qui prend par surprise, quelques cordes, et l’émotion passe mieux que sur des orchestrations pastiches. Divine Comedy retrouve également le goût des plaisirs simples, comme le riff répétitif de ‘Note To Self’, fausse chanson évidente qui vire presque au metal, ou le refrain gentiment décérébré de ‘Love What You Do’, sans oublier ‘Mastermind’, la chanson qu’on croirait avoir déjà entendue car tellement naturelle. Regeneration révèle un groupe qui a retenu les leçons de OK Computer (xylophone, électronique et failles) au service d’une pop fine et ouvragée. Et pour la première fois depuis longtemps, on serait curieux d’entendre la suite.

4/5

François Bacherig
Rock & Folk 04/2001