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Vieilles Charrues

A l’heure de la complète andouille, voici les Ecossais de Texas. Un groupe propret mené par Sharleen Spiteri en pull Freddy Krueger. Tel un Pretenders moderne, Texas enchaîne ses tubes pop FM pas mirifiques mais jamais déplaisants. De quoi offrir à Sharleen son heure de gloire. A priori, tout le monde souhaite entendre Alain Bashung. L’homme est en costume et lunettes noires scintillants, la foule est massée, attentive. Et s’éloigne progressivement. Bashung vocalise pourtant remarquablement, se fend même de quelques tubes. Si les musiciens de l’Alsacien sont martiaux et savants, on peut regretter leur style très clinquant. Des squales de studio, ces garçons. Mais ‘La Nuit Je Mens’ demeure une superbe chanson dont on se souviendra dans cinquante ans. Maintenant, Bashung annonce la venue de son “ami Rodolphe Burger”, là tout le monde part poliment vers le bar. Cruel. C’est l’impeccable Neil Hannon qui prend le relais. The Divine Comedy est redevenu dandy et tresse à nouveau ses arrangements à la Lee Hazlewood. Les morceaux d’Absent Friends fournissent l’essentiel du répertoire, pépites pas évidentes, hormis l’aérien ‘Billy Bird’. Comme Bashung, tout cela semble un rien feutré pour l’endroit. C’est oublier que l’Irlandais est un vrai malin, caustique et fin. Il porte désormais la musique seul avec un piano, ou ressort le sucré ‘Generation Sex’. Puis les violons se lancent dans une épatante reprise du ‘No One Knows’ des Queens Of The Stone Age. Si surprenant qu’on imagine alors Josh Homme en grande perruque au siècle des lumières. Plausible. Il est temps de rentrer.


Basile Farkas
Rock & Folk 09/2004