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Live At The Palladium

Malgré des apparences vraiment trompeuses (il est maigre, tellement maigre, que Thom Yorke passe presque pour un sumo lorsqu’ils se croisent), Neil Hannon est un gros malin. Cela fait quinze ans qu’il met tout en œuvre, en groupe ou tout seul, pour faire croire aux rockers qui ne la goûtent que d’un orteil que la pop est un truc de mec torturé. Pourtant, après s’être débarrassé des autres membres de The Divine Comedy, ce natif de Londonderry (Irlande) qui aura traversé la britpop sans même y toucher, a tranquillement empoigné sa guitare et écumé le circuit des clubs. Puis s’est installé à Dublin, avec femme et enfant. Depuis, pour le meilleur, la folie des grandeurs l’a repris et ce que sa pop effervescente a perdu en électricité, elle l’a gagné en lyrisme, en emphase. Sur la scène du Palladium de Londres, Neil a récemment mis les petits plats dans les grands, s’entourant d’une quinzaine de musiciens (cordes et vents), d’un directeur musical qui se farcit tout le sale boulot d’arrangements et d’un batteur qui ne tape que là où c’est marqué. Et Neil a fait fort : en 2004, même sous la torture, personne n’aurait osé dire qu’il n’était pas cool. Ce copieux répertoire, proposé en 5.1 ou DTS, comporte des extraits de son dernier album, quelques classiques qui prennent une toute autre ampleur dans le contexte (‘Generation Sex’, ‘The Certainty Of Chance’), et une curiosité ou deux (‘No One Knows’ emprunté aux Queens Of The Stone Age…) : Neil l’aborde avec panache, donnant de la voix comme le Scott Walker de ‘Montague Terrace (in Blue)’, le David Bowie de ‘The Wild Eyes Boy From Freecloud’. Intéressant, le documentaire des bonus qui revient en détail sur les raisons de ce choix artistique qu’il justifie en trois coup de cuillière à mots.


Jérôme Soligny
Rock & Folk 02/2005