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10 questions à… Neil Hannon

Le petit prodige de Londonderry livre le 9ième album de The Divine Comedy, projet lumineux où une pop brillante flirte avec des orchestrations symphoniques, un souffle épique, et des portraits en ballade qui ne manquent pas d’esprit…

1. Quelle est pour vous la couleur de ce nouveau disque?
Un mélange de rose, de bleu et d’or… C’est un album plus extraverti que les deux précédents, même si certains titres sont un peu mélancoliques. La vérité, si on sait bien la ficeler, est une expérience joyeuse.

2. Certains vous considèrent comme un génie. Qu’en pensez-vous?
Que peut-on répondre à ça? Ils ont raison (rires)! Je suis touché qu’on emploie ce genre de superlatif à mon sujet mais je ne sais pas ce que ce mot veut dire. Je pense seulement m’être amélioré avec le temps.

3. Le nom du groupe est une référence à Dante. Alors, enfer, paradis ou purgatoire?
Je passe de l’un à l’autre mais, dans l’œuvre de Dante, le paradis est un endroit très ennuyeux. L’enfer y est plus haut en couleur. En fait, aucun de ces endroits ne m’intéresse. Malgré tous ses défauts, c’est le monde réel que je préfère.

4. On vous a reproché le maniérisme et la pompe de votre musique. Assumez-vous cela?
(répondant la bouche pleine) Là, je n’ai aucune manière! Il m’arrive de faire de la musique volontairement pompeuse, car c’est drôle. Dans ‘The Plough’, qu’on pourrait appeler de l’épique parodique, la tonalité ambitieuse est une exagération pour intensifier les émotions. Oui, ça me convient.

5. Nous avons parié que vous étiez influencé par Queen. Pouvez-vous nous donner raison?
Je n’ai jamais été un fan hardcore, mais j’admire son ambition symphonique des seventies. Alors là, on peut parler de genre pompier! ‘Bohemian Rhapsody’ est très drôle.

6. Un journaliste sarcastique vous a taxé de ‘Syd Barrett sobre’ à l’époque de Absent Friends. C’est un compliment?
Ca l’aurait été si j’avais effectivement été sobre (rires). Syd illustre le vieux mythe du ‘the good die young’. Pete Doherty fonce là-dedans car il pense ainsi cristalliser sa propre légende, pathétique. Il est très facile de se foutre en l’air, moins de continuer à travailler.

7. Dans votre album, on passe d’un genre à l’autre assez brutalement. Êtes-vous contre la cohérence musicale?
Je ne suis pas contre, mais j’en frôle la limite. Ce côté un peu abrupt dans le changement de ton vient peut-être du fait que je m’ennuie vite. Je passe de chaise en chaise, et je tombe entre les interstices.

8. Sinéad O’Connor nous a affirmé que les Irlandais étaient le seul peuple à ne pouvoir être psychanalysé. Alors?
(manque de s’étouffer en entendant ce nom) Mon Dieu! En tout cas, elle c’est sûr que non. Ca, c’est typiquement de l’arrogance nationale. A mon avis, c’est même plutôt le contraire.

9. On a souvent parlé de l’influence de Electric Light Orchestra dans votre musique. Allez-vous l’assumer, à la fin?
A sept ans, on ne sait pourquoi on aime ELO, puis on a honte, puis ça devient cool, puis ça ne l’est plus… Ils sont dans mon iPod, alors je déclare une fois pour toutes que, oui, j’aime (articulant solennellement) ELO. C’est un bon groupe.

10. Quelle est la chose la plus rock’n’roll que vous ayez faite dans votre vie?
Je me suis retrouvé avec ma femme dans une limousine avec The Edge et nous avons fini dans la suite de U2 à chanter des chansons d’ABBA toute la nuit. Je pensais que ça marquerait le début de ma vie de jet-setter mais, en fait, non.


Georgina Tacou
Rock & Folk 07/2006