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Regeneration

"Aime-moi, et je t'écrirait la parfaite chanson d'amour. Avec un divine basse à la Beatles et ce bon vieux son façon Beach Boys..." A travers cet extrait de la chanson intitulé Perfect Lovesong, Neil Hannon, le divin leader de la Divine Comedy, semble faire acte de contribution. Du genre: ne me laissez pas tomber, j'ai évolué, je suis devenu plus simple... C'est qu'on s'était un peu lassé des mignardises musicales de ce petit marquis de la pop britannique, après cinq albums bourrés de chichis orchestraux, surchargé d'arrangements rococos, avec cordes en stuc et décors de carton-pâte. Un talent indéniable, ce petit Neil, mais quelle outrecuidance...

Sans doute conscient de cet agacement, notre héros fait donc amende honorable. D'abord en composant ses nouvelles chansons à la guitare, comme un vulgaire folkeux, histoire de ne pas en rajouter dans les effets de... manche. Ensuite en faisant appel au producteur Nigel Godrich, réputé, depuis ses collaborations avec Radiohead ou Beck, pour savoir extraire la substantifique moelle des compositions de ses clients. Serait-ce ça, la regeneration dont parle le titre du disque? Si l'on retrouve ici la plupart des tics et des recettes mélodiques de Neil Hannon, force est de constater que le petit maestro a abandonné le cabotinage qui finissait par indisposer l'auditeur le plus indulgent. Chaque morceau semble épuré, nettoyé, passé au tamis d'une production sans forfanterie ni racolage. E finita la comedia, avec son ambiance néosymphonique pompier. Des titres, comme Bad Ambassador ou Lost Property, débarrassés de tout ornement superflu, figurent même parmi ses meilleures créations. En simplifiant son discours, Hannon gagne son pari et dévoile sa véritable nature: un excellent auteur de chansons, un artisan pop digne de la meilleure confrérie du genre. Simple et de bon goût.


Télérama 14/03/2001