a short site about The Divine Comedy

Quel Comedy!

Derrière ‘Divine Comedy’ se cache un subtil personnage plein de contradictions. Neil Hannon, un Irlandais de vingt-deux ans, a littéralement emballé le public avec Liberation, son premier album. La sortie du deuxième était donc une occasion rêvée pour en savoir plus. Rencontre avec un pince sans rire…

Pendant la conception de Liberation t’attendais-tu à un tel succès ?
Oui ! Mais je ne savais pas où, comment et quand. De toute façon, tout succès est relatif. Dix mille albums vendus, c’est cool, mais si tu compares aux centaines de milliers de ventes des monstres du showbiz, ça devient insignifiant ! Avant, je pensais que le succès venait de la critique, que le simple succès d’estime pouvait suffire.

Sans forcément vendre d’albums !
Exactement ! Ça prouve à quel point les journalistes peuvent se tromper. Les disques que j’ai enregistrés auparavant étaient sacrément mauvais, mais ils les ont tous aimés ! (Rires)

Et avec Promenade, n’es-tu pas peur de décevoir ?
En fait, il est meilleur que le premier, je ne suis donc pas particulièrement anxieux. Il y a beaucoup de cordes, c’est un sorte de concept-album aussi littéraire que je le suis d’habitude… C’est vrai qu’il risque de sonner curieusement, car il a une base assez classique, mais ensuite les gens réaliseront que les chansons sont aussi bonnes, voire meilleures, que celles de Liberation.

As-tu d’autres projets en dehors de ‘Divine Comedy’ ?
J’aimerais écrire des musiques de film, mais pas de cette manière dégueulasse dont la plupart des groupes pop actuels se contentent ! Ils ne font que coller une merde synthétique aux images… je voudrais composer une musique symphonique, un peu comme ‘Dr Jivago’ ou ‘Lawrence d’Arabie’, ce genre de chose épiques ! En l’an 2000, quand j’aurai quitté le milieu de la musique, je voudrais être réalisateur de films, pendant une dizaine d’années. Je ne vois vraiment pas ma vie se limiter à une seule ambition. J’aimerais aussi écrire une nouvelle ou deux, peut-être peindre quelques tableaux, puis devenir livreur de lait pendant quelque temps. Je conduirais une petite camionnette dans les rues… Quoique. Devoir se lever tôt, ça, je ne suis pas sûr de pouvoir le faire !

Le cinéma prend apparemment une grande place dans ta vie. Vers qui vont tes préférences ?
Attends… Laisse-moi trouver quelques noms sympas… Chambre avec vue de James Ivory, puis Godard, Rohmer, Scorsese et Lynch. J’adore aussi les comédies romantiques de la fin des années 50, début des années 60, comme Diamants sur canapés de Blake Edwards, avec la ravissante Audrey Hepburn. Ah oui ! Comment pourrais-je oublier Peter Greenaway, un des rares cinéastes britanniques de ces dix dernières années que j’adore. Drowning by numbers reste un de mes films préférés !


Neil Hannon vit dans son village natal, Enniskillen, au nord de l’Irlande. Ce fils de pasteur est du genre précoce : à 23 ans, il a déjà deux albums majeurs à son actif. Pourtant, son premier contact avec un piano se fait à coups de marteau, et lorsqu’il achète sa première guitare électrique, on oublie de lui dire qu’elle fonctionne avec un ampli.. Tombé amoureux de la culture française, il n’hésite pas à glisser sans ses chansons des tirades de Jules et Jim ! Il alors Serge Gainsbourg et reprend sur scène ‘Jacky’ de Jacques Brel… Une tournée française est annoncée, et je vous recommande vivement de na pas la rater !


Jacques Pellet
Transfac 05/1994