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Live At The Palladium

En parfait dandy, Neil Hannon est finalement en totale adéquation avec le décor sompteux du Palladium. Cette ambiance tamisée, son public sage et assis, l’orchestre qui s’époumone derrière lui… Tout est là pour conforter le Casanova dans sa grandiloquence. Mais l’imprévisible schizophrène a entamé un virage artistique de taille depuis deux albums déjà.

Débarrasé du clinquant, et épaulé d’une quinzaine de musiciens qui n’en font jamais trop, il se livre ici à une relecture habitée de son répertoire, comme pour mettre l’accent sur l’essence même de ses morceaux: leur architecture mélodique. Car, sous ses multiples visages, Hannon est avant tout un songwriter. Un performer, aussi. Avec classe, et non sans humour, il aborde la scène comme un terrain de jeu. S’amuse à reprendre avec classe le ‘No One Knows’ des Queens Of The Stone Age. Et, sur la durée, envoûte le spectateur, par une voix qui ne cesse de gagner en puissance. Tout en affichant désormais le parti pris de la sobriété… Ce qui en soi n’enlève rien à la force de persuasion de chansons qu’on se surprend parfois à réévaluer. Il y a bien un gentleman dans tout Casanova…


Emmanuel Guinot
Versus 1, 01/2005