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Regeneration

Neil Hannon est un personnage à part (et reconnu) dans le paysage anglais depuis maintenant plus de dix ans. Sorte de grand dandy, typiquement british, et décalé d’au moins un siècle, c’est surtout un grand compositeur qui a su écrire d’immenses chansons pop au charme baroque totalement innimitables, et sorti des albums restés dans les mémoires, mélangeant allégrement plusieurs styles de musique: les ballades orchestrales, les chansons grandioses à la Scott Walker, la pop à guitares des Smiths ou le cynisme moqueur de Pulp.

De son propre aveu, Neil Hannon constate qu’en ce début de nouvelle décennie il est au bord d’une impasse et décide de se remettre en cause afin d’éviter de tourner en rond. Son souhait est de faire parler plus le cœur des chansons (voire le sien par la même occasion). La bande va plus s’impliquer dans la production, fera appel à Nigel Godrich, va adoucir son son et livrer des titres plus rock, plus digestes, plus accessibles mais tout aussi majestueux que par le passé. Et le moindre qu’on puisse dire c'est que le pari est réussi.

Truffé de classiques instantanés (‘Bad Ambassador’, ‘Note To Self’ et ses balles de ping-pong, ‘Mastermind’), Regeneration est un inusable traité d’élégance et de raffinement. La voix plus triste que d’habitude, l’ochestration discrète et solennelle, les mélodies plus mélancoliques; tout concourt à atteindre une richesse très profonde. L’émotion est au rendez-vous dès qu’on prête une oreille à ‘Lost Property’ ou ‘Regeneration’. Le romantisme est toujours à l’honneur mais il se fait plus délicat, plus fragile aussi, rendant cette musique particulièrement belle. On est bouleversé par ces arrangements fouillés, ses inspirations, ce charme unique.

Et lorsque l’album se conclut sur ‘The Beauty Regime’, on est presque au bord des larmes lorsque Neil Hannon sussure “Look again in the mirror and see exactly how perfect you are…”

Maginfique et magistral.

17/20

Vic
XSilence