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The Divine Comedy

Neil Hannon, gringalet devenu Pape de la pop à violon.

Mais comment ce gringalet est-il devenu le pape de la pop ? titraient en couverture Les Inrockuptibles au moment de la sortie du troisième album de Mr Neil Hannon (Casanova), unique leader de La Divine Comédie. Ouvrage de Dante que l’irlandais n’a d’ailleurs jamais pris le temps de lire tout comme Histoire de ma vie du Casanova vénitien. “Ce n’est qu’un prétexte, rien de plus qu’une bonne idée d’album”. Derrière les photos un rien frime façon ‘latin lover’ de ce dernier album se cache un grand flippé, un jeune mec qui s’ouvre dans ses textes sur ses refoulements sexuels, ses impasses avec la gente féminine, ses angoisses existentielles. “Il est comme ces tapis orientaux extrêmement chargé, bourré de détails pas forcément nécessaire. Je l’ai bourré - Casanova- de toutes ces petites merdes qu’il y avait dans ma tête… et dans la tête de tout le monde. Ce disque, c’est comme trop manger, trop boire, trop baiser. Tout ça est foncièrement excitant, jusqu’au moment où l’on n’en peut plus”. Il faut dire qu’à la première écoute, un album de Divine Comedy peut sembler indigeste ! Trop de violon, trop d’orchestrations surchargées. Et puis ce coté excentrique anglais maniéré cette impression de faux, de kitch. Mais voilà, les mélodies sont là. Et dans ce domaine, Neil Hannon est bien devenu le roi. Plus fort que son collègue de Prefab Sprout. Passé l’impression de fouillis fatiguant, ses disques deviennent des pierres angulaires de toute discothèque pop. Et puis on tombe rapidement fan du bonhomme. Ce genre de mec, ni franchement intello, ni franchement beau qui devient un petit génie de la mélodie pour alléger le poids des lisères du monde. Loin d’être pour autant un triste, il est au quotidien curieux de tout, fan de foot (classique), amoureux de Bjork, pince sans rire pour ne pas dire déconneur. Ses prestations scéniques sont pour lui l’occasion d’en faire parfois trop, un rien cabot, plaisantant en permanence avec un public (de fans). Le tout limite kamikaze. Véritable phénomène derrière son piano ou sa guitare, il se récupère toujours in-extremis pour vous achever. Après la tournée acoustique succesfull de l’après Promenade (piano, guitare, violon, violoncelle), il revient avec une formation électrique.


Le Yéti 19, 10/1996