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Fanfare For The Comic Muse

 
Fanfare For The Comic Muse est le tout premier album de The Divine Comedy, et le seul enregistré à l’époque où c’était un vrai groupe, un groupe de rock !

Très influencé par REM (en particulier l’album Eponymous), Neil Hannon a formé le groupe sur les restes de son précédent projet October, avec son comparse Lawrence Hoy et deux nouveaux musiciens John McCullagh et Kevin Traynor.

Après l’enregistrement d’une première démo à l’Active Studio à Banbridge, le groupe adoptera le nom de The Divine Comedy, et Lawrence n’en fera plus partie. La démo a été envoyée à différent labels dont Rough Trade, qui l’aurait fait suivre à un jeune label spécialisé dans les groupes Irlandais : le label Setanta de Keith Cullen. Et même si Keith n’a pas accroché à cet enregistrement à la base, ce sera sa petite amie qui insistera pour donner sa chance au groupe. Et ainsi l’histoire s’est écrite : The Divine Comedy a signé chez le label en janvier 1990 et le trio a enregistré Fanfare à Pâques.
L’album a été enregistré à Homestead Studios, un endroit utilisé également par d’autres groupes irlandais démarrant tels que Therapy?; et produit par John O'Neill, guitariste des Undertones / That Petrol Emotion, qui était très actif sur la scène de Derry et sortira également un single avec son groupe Rare chez Setanta Records plus tard dans l’année. Le choix du producteur a donc probablement été guidé par Keith Cullen, tandis que Neil savait exactement ce qu’il voulait faire (càd sonner comme REM): “Ce ne fut pas une expérience particulièrement réjouissante, aucune de mes suggestions ne fut prise en compte. Neil savait exactement ce qu’il voulait, et a produit cet album lui-même ” se souvient John [1].

Bien que l’album n’a pas de concept ou de thématique assumée, les chansons traitent de thèmes qui resteront constants dans la carrière de Neil : l’amour (‘The Rise And Fall’, ‘Secret Garden’ bien que d’une perspective plus adolescente), la nature et l’écologie (‘Tailspin’, ‘Logic Version Emotion’).

Le titre de l’album est une référence croisée entre ‘Fanfare For The Common Men’ et ‘Victory For The Comic Muse’. Cette dernière étant une citation de A Room With A View, un film qu’il a découvert adolescent, et qui l’influencera pendant des années, au point que cette référence a été utilisée encore une fois pour l’album Victory For The Comic Muse. Les albums Liberation et Promenade utiliseront également des samples du film. Et il est intéressant de noter que la version démo (à ce jour encore inédite) de ‘Secret Garden’ comprenait originellement le vers “a worn out copy of A Room With A View” en référence au roman d’EM Forster.

On n’en sait pas beaucoup en ce qui concerne la peinture sur la pochette. Aucun crédit n’est donné, et une recherche inverse ne donne aucun indice. D’après LastFM [2] ce sera une adaptation d’un dessin de Raphael Sanzio par le peintre Ernst Wieltschnig, bien qu’aucune référence à ce dernier ne puisse être trouvée. Cela laisse néanmoins penser que la pochette aurait été conçue particulièrement pour l’album.

Il est vrai de dire que l’album n’a pas généré beaucoup d’intérêt pour la presse britannique, et ne s'est pas vendu en beaucoup d’exemplaires, toutefois ce n’était peut-être pas non plus le fiasco comme Neil semble si souvent le dire. Pour mettre les choses en perspective, c’était le tout début du label Setanta (leur second album sorti chez eux, ils n’avaient sorti que des maxis auparavant) et donc peu de distribution, et le groupe et le label avaient encore à développer leur réseau. Le groupe a joué dans une poignée de club à Londres, mais a principalement fait des concerts ou festivals en Irlande où ils ont eu des retours plutôt positifs [3].
Toutefois, il obtiendra avec le temps la réputation d’un album honni et controversé. Après la séparation du groupe, Neil Hannon réinventera The Divine Comedy, et Liberation sera considéré comme son premier vrai album.
Malgré cela Fanfare… a été réédité deux fois : Setanta en a réédité des exemplaires après le succès de The Divine (un pirate s’ensuivra l’année suivante); et plus récemment au sein de la compilation Juveneilia.


[1] Réference nécessaire
[2] Last FM
[3] Sunny Days 9, 06/1991