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Fin De Siècle

Fin De Siècle

Sortie:
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31 août 1998

  • Classements notables
    Meilleur Album (Hot Press):
    4
    Meilleure Pochette (Hot Press):
    6

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Fin De Siècle marque un tournant dans la discographie de The Divine Comedy. L’album est plus sombre que ses prédécesseurs et pour une fois il ne parle ni d’amour, ni de sexe, mais de la société. The Divine Comedy prend le prétexte de la fin du siècle et du millénaire (et du monde ?) pour nous observer.

Neil dit à propos de l’album: « C’était en 1977. La fièvre du Jubilee (en l’honneur de la reine d’Angleterre) avait atteint le cœur de monsieur Lindsay:
“Bon, les enfants, nous allons récupérer un grand carton, mettre toutes sortes de choses dedans et l’enterrer” avait annoncé le directeur très enthousiaste. Cette ‘time-capsule’, véritable machine à remonter le temps pour les générations futures qui la trouveraient, était, puisque nous le devions, remplie de tee-shirts de bourses d’échanges, de bandes-son de Grease et de camelote des années 70 qui seyaient à l’occasion. Placée dans son trou, la boîte fut bientôt recouverte de cette terre humide propre à l’Irlande du Nord.
À l’époque, j’avais 7 ans. Et l’idée que je pourrais bien revenir voir ça à 30 ans ne m’effleurait même pas.
Mon cœur se serrait devant l’impossible étirement du temps à l’idée que d’ici à l’an 2000 je serai trentenaire - je pouvais déjà à peine imaginer un jour avoir 10 ans, alors 30 ans…
J’ai aujourd’hui 27 ans et le temps se rétrécit soudainement. Je prévois déjà mon retour à Londonderry pour l’an 2000. Je suis impatient de voir quelles sortes de saloperies nous pensions devoir offrir au regard fasciné des générations futures. Je peut presque me représenter les sursauts d’étonnement quand serait ramenée à la surface la première édition moisie de ‘Speed and Power’.

Avec Fin de siècle, j’ai tenté de tirer les leçons de l’histoire ; si on prend les meilleurs moments du passé et si on se tourne résolument vers le futur, il se pourrait bien qu’on finisse par vivre au présent. Après tout, personne ne veut d’un tas de saletés rétro.
N’est-ce pas ? »

L’expression ‘fin de siècle’ est en fait utilisée en histoire de l’art pour designer la période à la fin du... XIXème siècle. Il s’agit d’une période de décadence. Si on pense à l’artiste britannique Oscar Wilde (qui a fait son éducation à Enniskillen, à la Portora Royal School), les artistes les plus pertinents sont en réalité autrichiens, comme Gustav Klimt. Ce peintre autrichien a représenté dans ses tableaux la décadence de sa société et peint de nombreuses prostituées. Un de ses tableaux figure dans la pochette de l’album. Les photos ont été prises à Vienne, cette ville étant le centre du mouvement Fin de siècle. A part Judith I, elles montrent un monument à la mémoire d’Otto Wagner, un architecte autrichien ; et non pas Richard Wagner comme on pourrait s’y attendre (Richard Wagner était en réalité allemand).

Toutefois, musicalement, l’album rappelle Richard Wagner. Il a été enregistré avec un orchestre et une chorale. Neil Hannon a choisi de travailler avec le producteur Jon Jacobs for parce que celui-ci avait travaillé avec Jeff Lyne d’Electric Light Orchestra et avait l’habitude de travailler avec des orchestras. Le résultat est d’ailleurs plutôt convainquant.

Comme toujours, la structure de l’album n’est pas gratuite. Ca commence avec ‘Generation Sex’, qui présente la thématique. L’album va parler de notre société et nous critiquer. Le thème n’est plus le sexe et la chanson opère une transition avec Casanova (A Short Album About Love ne doit pas être compté car il n’a pas été enregistré en tant qu’album).

La chanson suivante, ‘Thrillseeker’ parle de la mode des sports extrêmes, que Neil Hannon n’a pas l’air d’aimer. ‘Commuter Love’ n’est pas qu’une chanson d’amour. C’est une critique de comment notre société détruit toute communication entre les personnes. ‘Sweden’ est la chanson wagnérienne de l’album. La Suède est souvent décrite comme le modèle à suivre pour les autres pays.

Eric The Gardener’ est une des chansons les plus ardues de l’album. Elle a été co-écrite avec Joby Talbot. Elle dresse un parallèle entre Eric, un homme qui mit la main sur un trésor romain, et Jules César, et de là, met en parallèle le passé et le présent. La conclusion de ceci est qui Jules César, aussi important qu’il ait été, est mort, comme n’importe quel être humain.

National Express’ est la chanson idiote de l’album, ce qui ne veut pas dire pour autant que ça soit une mauvaise chanson. Au contraire, c’est même le meilleur score de The Divine Comedy dans les charts anglais ! Il est vrai pourtant que, placée entre les autres chansons, elle est un peu légère. Elle marque une pause dans l’album avant d’arriver à la fin.

La deuxième partie de l’album démarre avec ‘Life On Earth’, sans doute la chanson la plus triste de l’album. Son message est que aussi difficile que soit la vie, elle doit être vécue jusque bout. ‘The Certainty Of Chance’ nous dit qu’il n’y a qu’une seule chose dont on puisse être sûr, c’est que tout peut arriver... le pire, comme le meilleur. Placée où elle est, après ‘Life On Earth’, on a l’impression que Neil Hannon nous dit de nous accrocher et ne pas perdre espoir, car si tout va mal pour l’instant, tout peut changer d’un moment à l’autre.

Tout peut arriver. Donc pourquoi pas la fin du monde? La fin du XXème siècle suscita beaucoup de peurs que l’on meure bientôt. Neil Hannon ne les prend pas au sérieux et en a fait même une parodie : ‘Here Comes The Flood’. Nous sommes arrives à la fin, l’apocalypse. Les choses ne peuvent plus empirer, car nous sommes tous morts maintenant, le monde n’existe plus. Mais il ne faut pas oublier que Neil Hannon vient d’une famille religieuse. Dans la religion, l’Apocalypse n’est pas juste la fin du monde; c’est aussi un grand nettoyage qui permet de repartir sur des bases saines pour construire un monde nouveau et meilleur. Après les ténèbres, le soleil se lève. D’où ‘Sunrise’. Avec la fin du XXème siècle, on peut espérer que le XXIème sera meilleur. En tout cas, c’est ce que peuvent espérer les irlandais du nord.

Comme à chaque fois chez The Divine Comedy, la dernière chanson marque une transition vers l’album suivant. Avec Fin De Siècle, Neil Hannon a déclaré être arrivé à sa maturité. Beaucoup on vu dans le thème de l’album un signe de changement. Avec le siècle, quelque chose de The Divine Comedy est mort et on peut attendre quelque chose de nouveau (et meilleur) pour le prochain siècle.

Chroniques

“Un disque dangereusement proche du chef d’oeuvre, le meilleur disque de DC.” – Melody Maker

“Dangereusement proche du chef d’oeuvre… drôle, triste, avec des mélodies irresistibles et obsédé par le thème de l’engourdissement, de la mort et des transports en commun.” – The Times, Metro